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Histoire de la mobilitéClin d’œil, pas filiation

En 1981, Honda mettait un scooter dans le coffre. En 2026, l’idée revient en trottinette

Avant les applications de mobilité et le mot « multimodal », Honda avait déjà dessiné une voiture capable d’emporter son propre petit deux-roues. Quarante-cinq ans plus tard, la Blizwheel F0.5 rend cette idée étrangement actuelle.

Honda City de 1981 avec un Motocompo rouge correctement replié dans le coffre, face à une voiture moderne et sa micro-trottinette
Illustration éditoriale originale générée pour Le Tech, représentant la Honda City et le Motocompo de 1981. Ce n’est ni une archive Honda ni une photo officielle Blizwheel.

Il suffit d’ouvrir un ancien catalogue Honda pour tomber sur une scène qui paraît avoir été imaginée pour nos débats actuels sur les derniers kilomètres : une petite voiture, son coffre ouvert, et un scooter si compact qu’il peut voyager à l’intérieur.

L’idée ne venait pas d’un concept-car resté sous verre. La Honda City et le Motocompo ont réellement été annoncés ensemble en 1981. La voiture assurait le trajet principal ; le deux-roues pouvait prendre le relais une fois sorti du coffre. Dit avec les mots de 2026, c’était déjà une forme de mobilité combinée.

La City et le Motocompo ont été pensés ensemble

Honda publie son communiqué le 29 octobre 1981 et annonce la commercialisation japonaise de la City et du Motocompo à partir du 11 novembre. La marque décrit alors le Motocompo comme un « trunk bike », un deux-roues de coffre développé parallèlement à la voiture.

Tout dans sa conception servait ce rôle. Son guidon et ses repose-pieds se repliaient. Honda avait prévu des dispositifs limitant les fuites de carburant, d’huile et de liquide de batterie, tandis que la City recevait des points d’ancrage utilisables avec une sangle optionnelle. Le plancher plat du coffre avait lui-même été conçu pour accueillir l’engin.

Le Motocompo restait pourtant un vrai petit scooter thermique : moteur deux-temps de 49 cm³, 2,5 ch et 42 kg à sec. Il ne se glissait pas sous un bras. Il transformait plutôt la City, longue de 3,38 m, en duo voiture-moto particulièrement malin. Et non, les sources ne permettent pas de dire que chaque City était automatiquement livrée avec son Motocompo.

Une voiture qui n’a pas besoin d’aller jusqu’au bout

Honda parlait alors de combiner les usages de la voiture et de la moto, notamment pour ouvrir de nouveaux loisirs. Le « dernier kilomètre » n’était pas son vocabulaire. Mais le principe mécanique le rendait possible : faire la partie longue ou chargée en voiture, se garer, puis continuer plus légèrement.

C’est ce changement d’échelle qui reste moderne. Au lieu de demander au même véhicule d’être confortable sur route, facile à garer et pratique une fois arrivé, on imbrique deux objets spécialisés. La grande mobilité transporte la petite jusqu’au moment où celle-ci devient plus pertinente.

La Blizwheel F0.5 pousse la compacité beaucoup plus loin

La F0.5 ne ressemble pas au Motocompo et n’appartient pas à un écosystème automobile. C’est une trottinette électrique autonome, conçue pour se replier très court. Pour la version Air, la campagne annonce 7,5 kg et 49 cm de longueur une fois pliée.

Ces chiffres sont des données de campagne, pas nos mesures, et le produit reste lié à un financement participatif. Nous détaillons ses batteries, son autonomie annoncée et les risques de livraison dans notre analyse complète de la Blizwheel F0.5 et de sa campagne Kickstarter. Ici, ce qui compte est le format : son poids annoncé représente moins d’un cinquième de celui du Motocompo à sec, ce qui lui permettrait de rester dans bien plus de coffres sans les transformer en opération de manutention.

Se garer, déplier, terminer le trajet

  1. 1

    Le coffre devient le garage. La trottinette voyage pliée dans la voiture au lieu d’occuper une place chez soi ou d’être chargée à la dernière minute.

  2. 2

    La voiture s’arrête quand elle devient encombrante. On se gare avant la zone dense ou loin de sa destination, selon les règles locales et le stationnement disponible.

  3. 3

    La micro-mobilité prend le relais. Quelques kilomètres se font à trottinette, puis l’engin replié peut être emporté à l’arrivée.

Ce scénario reste hypothétique tant que les performances et la fiabilité d’unités de série F0.5 n’ont pas été vérifiées indépendamment.

Ce qui sépare clairement le Motocompo de la F0.5

Honda Motocompo

  • • scooter assis et thermique
  • • 42 kg à sec
  • • développé avec une voiture précise
  • • guidon et repose-pieds repliables

Blizwheel F0.5 Air

  • • trottinette debout et électrique
  • • 7,5 kg annoncés
  • • indépendante de toute marque automobile
  • • projet de crowdfunding encore à confirmer

Le Motocompo était un véhicule secondaire compact pour son époque. La F0.5 cherche à devenir un objet que l’on oublie presque dans le coffre. Le geste est similaire ; la technologie, le poids et le niveau de maturité ne le sont pas.

La mobilité dans le coffre n’était pas si folle

En 1981, Honda proposait déjà qu’une voiture transporte le véhicule qui terminerait le voyage. En 2026, une micro-trottinette électrique permet de regarder cette intuition avec des yeux neufs. La F0.5 ne descend pas du Motocompo ; elle rappelle simplement que les bonnes idées de mobilité peuvent attendre des décennies avant de trouver un nouveau format.

Sources

Les faits historiques viennent des archives et pages institutionnelles Honda. Les données F0.5 sont celles annoncées par sa campagne, sans mesure indépendante Le Tech à ce stade.